ArcelorMittal

Publié le par le blog de Krimou

English: Lakshmi Mittal, Indian billionaire in...
English: Lakshmi Mittal, Indian billionaire industrialist Português: Lakshmi Mittal, industrial bilionário indiano (Photo credit: Wikipedia)
2008 : Pour des raisons d'un marché de l'acier en surproduction, le premier groupe sidérurgique mondial ArcerlorMittal a indiqué vouloir supprimer jusqu'à neuf mille emplois dans le monde dont 3.500 en Europe du Nord et 4000 aux USA.
Florange (Moselle-France), Le site de Florange emploie 2.700 personnes, dont 629 sont aussi concernées par l'hypothèse probable d'une fermeture. Depuis l'annonce, vendredi 30 novembre, par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, d'un accord entre le gouvernement et ArcelorMittal sur Florange (Moselle), le groupe sidérurgique s'est engagé à ne pas faire de plan social et à reclasser les 629 métallos employés aux hauts-fourneaux de Florange. Faute d'engagements clairs et fermes d'ArcelorMittal, il y a le risque de voir le gouvernement nationaliser le site sidérurgique d'ArcelorMittal de Florange. Une décision difficile à appliquer vu que cette mesure extrème est à contre courant du principe de fond que la socièté est construite sur un principe essentiel, celui du droit de propriété.
ArcelorMittal : L’histoire débute le 25 octobre 2005 à Kiev, le jour où Mittal Steel rachète pour 4,84 milliards de dollars la compagnie sidérurgique Kryvorizstal aux dépens d’Arcelor, et s’achève au soir du 30 juin 2006, l’année de la fusion du géant indien Mittal et du groupe européen Arcelor, qui rassemblait déjà les groupes Aceralia (Espagne), Arbed (Belgique-Luxembourg) et Usinor (France). Arcelor-Mittal réunit donc le premier et le deuxième producteur d’acier du monde, d’où son leadership. Lakshmi Mittal, en homme d'affaires avisé et respectueux des traditions, a voulu conserver, accolé au sien, ce nom d'Arcelor, une marque jeune mais reconnue et chargée d'histoire.
 
Le parcours industriel de cet Hindouiste originaire de la caste Agrawal des Marwaris (commerçants du nord-est du Rajasthan), commença vraiment il y a trente ans, lorsqu'il fut nommé par son père, Mohanlal, à la tête d'une petite usine d'acier en Indonésie. Elle servira de point de départ à la constitution d'un empire qui s"étale sur 14 pays et produisait quelque 50 millions de tonnes par an, là où Arcelor n'en était qu'à 46 millions.
Lakshmi Mittal, un industriel d'origine indienne. Né le 15 juin 1950 à Sadulpur, un village proche de Calcutta dans le désert du Rajasthan, en Inde, Lakshmi Mittal est un fils d’industriel : son père, Mohanlal Mittal, possède en effet une petite aciérie qui lui permet de vivre décemment. Il n’en demeure pas moins que l’homme est travailleur : il bosse ainsi, durant son adolescence, jusqu’à 19h par jour selon certains, dans l’usine de son paternel. En 1970, il décroche son diplôme d’études commerciales de l’Université de Calcutta. Vient 1976, à l’étroit en Inde, où le gouvernement limite les investissements privés dans l’acier, Mohanlal Mittal crée une succursale en Indonésie et y place son fils de 26 ans à la manœuvre : c’est le début de l’ère Mittal. Car Lakshmi est visionnaire : il s’associe avec deux groupes européens, Voest Alpine et Hamburger Stahlwerke, pour utiliser la technologie DRI (« direct reduced iron ») qui permet d’améliorer la productivité par soufflage d’oxygène à l’intérieur du four. Plus tard, il en rachètera les brevets, et même l’un de ses créateurs.
Minutieusement, il se met à racheter les aciéries qui peinent en Indonésie. Puis s’exporte, en mettant la main sur un grand complexe sur l’île de Trinidad : ce sont ses deux partenaires qui l’ont conseillé lorsqu’en 1989, la concession arrivait à échéance. Nouveau coup de génie : il propose un simple contrat de gestion prolongé d’un rachat lorsque les bénéfices le permettront (à l’époque, l’usine perd 100.000 dollars par jour). Après un an, la reprise est entérinée. Comment a-t-il redressé la barre si vite ? « C’est très simple, j’ai remplacé les managers européens par des Indiens », dira-t-il plus tard. Une manière d’économiser 1 million de dollars sur la masse salariale. Il ne parle évidemment pas de l’embauche massive de personnel noir non qualifié et de coupes claires dans les effectifs. 1991, changement de continent. Le Mexique privatise deux usines qui, bien qu’ultramodernes, n’ont jamais gagné un peso. Le gouvernement, qui a eu vent de l’épisode « Trinidad », pousse lui-même Lakshmi Mittal à participer à l’appel d’offres. 26 personnes vont négocier, mais aucun financier : le patron n’a cure des « consultants et leur tour d’ivoire d’analyses et de chiffres ». Deux ans plus tard, et moyennant quelques cures de dégraissage, les usines rapportent.
A partir de là, les acquisitions s’enchaînent de par le monde : Canada, Europe (avec le rachat de son partenaire allemand Hamburger Stahlwerke), Kazakhstan, Afrique du Sud, Etats-Unis, … Le modus operandi ne change pas : mettre la main sur des entreprises en difficulté, les restructurer, les remettre en état de fonctionnement, écouler les stocks grâce à l’empire en progression. Ce fut par exemple le cas pour l’usine de Cork, en Irlande. Quelques temps après l’avoir rachetée, Lakshmi Mittal décide de fermer l’usine et jette à la rue 400 personnes sans aucune négociation. Sans oublier qu’il ne prendra jamais les mesures environnementales pour réhabiliter le site. Ce fut également le cas à Gandrange (France) : racheté pour un franc symbolique en 1999, le site perdra son aciérie en 2009, laissant sur le carreau 263 emplois directs. En 2002, il put mettre la main sur une usine en Roumanie, privatisée par l’Etat, mais pas à n’importe quel prix : il fit d’importantes donations au Parti Travailliste de Grande-Bretagne en échange de l’intervention de Tony Blair dans le dossier.
A chaque fois donc, les mêmes méthodes : celui qu’on prenait pour un industriel pur et dur cache en fait un redoutable financier qui écarte tout sur son passage : ce qui n’est pas à moi le devient, ou disparaît. Sans doute a-t-il besoin de cash pour mener le train de vie qui est le sien : sa propriété anglaise lui a coûté la bagatelle de 128 millions de dollars (12 chambres et 20 places dans le garage, ça coûte), le mariage de sa fille Vanisha, 55 millions de dollars (ce qui en fait le mariage le plus cher de l’histoire avec, en prime, un concert de Kylie Minogue au Château de Versailles et du Mouton Rothschild à volonté), et selon certains calculs, il ferait au moins dix fois le tour de la terre par an dans son jet privé pour contrôler son empire.
Arcelor-Mittal en chiffres :
- 60, Le nombre de pays dans lesquels le groupe Arcelor-Mittal est présent. La société est implantée sur 4 continents : elle est active en Europe, Asie, Afrique et Amérique.
- 78 milliards de dollars, le chiffre d’affaires de l’entreprise Arcelor-Mittal pour l’année 2010. La même année, le groupe a été coté en bourse pour un capital de 42 milliards.
90,6 millions de tonnes d’acier brut ont été produites par Arcelor-Mittal en 2010. Cela représente environ 6% de la production mondiale. 
- 31,1 milliards de dollards, le montant en 2011 de la fortune personnelle de Lakshmi Mittal, le président d’Arcelor-Mittal, de loin le plus important producteur d’acier au monde. 
- 290 000 employés d’Arcelor-Mittal dans le monde entier. 
- Le patron d'Arcelor Mittal pèse aujourd'hui 31 milliards $.
Projet futur : L'aciériste ArcelorMittal s'est vu donner le feu vert par le gouvernement canadien pour exploiter un gisement contenant 365 millions de tonnes de réserves de minerai de fer, dont l’exploitation pourrait produire 18 millions de tonnes par an et subvenir à la demande en fer de l'Europe pendant 20 ans et assurer la création de 950 emplois. 

Enhanced by Zemanta
Publicité

Commenter cet article